le blog Tunisie de Richard Péan

Politique Tunisie

posté le 08-02-2013 à 19:15:45

L'ANTI-ISLAMISME PRIMAIRE (paru dans "La Presse" du 21/08/2012)

Depuis la mise en place du gouvernement conduit par Ennahdha, on assiste à une levée de boucliers contre un intégrisme rampant qui menacerait jour après jour les acquis de la modernité. Le cauchemar (entretenu) d'une Tunisie islamiste hante l'esprit d'une partie de l'opinion (ici et ailleurs) effrayée d'une telle perspective qui s'étendrait à d'autres pays arabes autrefois "réputés calmes"

N'en déplaise aux météorologues de "l'hiver islamiste" et de la "vague verte", les réalités sont plus nuancées. Le succès relatif du PJD au Maroc lui permet de diriger un gouvernement, néanmoins circonscrit par les pouvoirs d'un monarque à la fois libéral et Commandeur des croyants, ce qui ne lui facilite pas la tâche; en Algérie les islamistes ont échoué ainsi qu'en Libye où les" libéraux" de l'AFN sont victorieux, bien que le peuple vit selon la charia depuis toujours? Quant à l'Egypte, l'élection de Mohamed Morsi et des frères musulmans s'est jouée à 3 points seulement, l'armée conservant quoi qu'il arrive (avec ou sans Tantaoui) un pouvoir déterminant.    

 

En Tunisie, les élections avaient pour objectif d'installer une Assemblée constituante à pouvoir législatif temporaire et limité. Le gouvernement et le président demeurant provisoires jusqu'à la promulgation de la constitution et la tenue d'élections législatives et (ou) présidentielles. Concernant les résultats, il convient de noter que le taux de participation n'a atteint que 50% du corps électoral, c'est-à-dire qu'Ennahdha a obtenu 40% de la moitié des électeurs qui seuls se sont exprimés, soit dans l'absolu 20% des électeurs en âge de voter, ce qui est loin d'être un raz de marée.

 

Malgré cela, le succès des islamistes monte à la tête des uns et des autres sans avoir été analysé à

sa juste mesure. En effet et contrairement au discours ambiant, il ne reflète nullement une volonté populaire d'un retour à l'islam prophétique, mais seulement une revanche compréhensible sur deux dictatures successives qui ont imposé de manière autoritaire, une vision laïcisante de la société pendant un demi-siècle.

Il s'agit donc d'un retour de balancier (débloqué par la révolution), que l'on a déjà observé avant-hier en Iran, mais d'une manière immédiate et totale et hier en Turquie, avec un long décalage et d'avantage de souplesse et de modération. Néanmoins, aujourd'hui personne ne contestera l'existence d'une opinion conservatrice voire anti-impérialiste en Tunisie et c'est un signe de bonne santé. Une partie des citoyens en effet a parfaitement le droit d'être attachée à ses valeurs ancestrales et à les défendre contre toute agression intérieure ou extérieure, autant qu'elle a le droit et le devoir, de soutenir et d'aider ses coreligionnaires humiliés ou menacés dans tel ou tel pays étranger.

 

Le courant traditionnaliste ou conservateur, au même titre que le courant libéral ou (et) progressiste, est essentiel à l'équilibre moral d'une société apaisée. Supprimer ou opprimer l'une des deux composantes,

c'est détruire une cohérence, tout comme dans une famille si on éliminait les grands-parents ou à l'inverse les petits-enfants. Ces deux courants fondamentaux opposés mais complémentaires, animent la dialectique des civilisations en marche vers le progrès depuis plusieurs siècles et dans le monde entier.

Dans ce domaine, le Royaume-Uni reste l'exemple à suivre dans la recherche d'un consensus, capable d'éviter à chaque conflit des blessures frontales longues à cicatriser. D'autres pays ont souffert pour apprendre cette culture du compromis positif et même certains d'entre eux ont détourné ces deux courants de pensée vers un asservissement totalitaire, conduisant le conservatisme au fascisme et l'idéalisme progressiste au communisme.

 

Si l'histoire a condamné l'expérience tragique de ces systèmes tyranniques, univoques et fermés sur eux-mêmes, cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont totalement disparus, ou qu'ils ne puissent pas renaître un jour. Cela dit et fort heureusement, chaque pays dispose d'un héritage spécifique dans lequel il doit puiser les forces nécessaires à son épanouissement politique et social. La Tunisie possède quelques atouts en la matière: d'une part le sens des réalités et le refus du désordre et d'autre part, la haine de l'injustice et l'amour de la liberté, telles sont les deux faces d'une médaille identitaire, dont le sens de la négociation constitue la marque de fabrique.

Partant de ce constat, il semblerait présomptueux de vouloir imposer tel ou tel mode de vie, ou manière de penser ou de se conduire, à un vieux peuple très jeune qui vient tout juste de "dégager" un dictateur, car à moins d'un cataclysme majeur, déluge universel ou invasion barbare par exemple, aucune société ne regresse dans le passé, cela ne s'est jamais vu.

 

Cependant, que le parti au pouvoir teste sans arrêt la société dans tous les secteurs (médias, religion, csp, culture, économie, syndicats, partis, mode de vie, etc…) afin d'évaluer ses réactions? Quoi de plus naturel puisque celle-ci réagit à chaque fois qu'elle se sent agressée et sonde à son tour le gouvernement pour qu'il en tire les conclusions et rectifie son positionnement.

Certes, ce jeu est pénible et souvent douloureux, mais c'est le seul moyen de connaître les désir et les refus du peuple et de savoir jusqu'où ne pas aller trop loin, bien qu'aujourd'hui et avec le temps qui passe, les positions des uns semblent se compliquer alors que celles des autres au contraire ont tendance à se clarifier. Les mois qui viennent risquent en effet d'annoncer autant de divisions que de regroupements, selon les deux axes souhaités: un pôle islamo-conservateur et un pôle libéral-progressiste. Si la Tunisie parvient à créer les conditions d'une telle alternance, en suivant le modèle turc par exemple, les espoirs de la révolution auront été atteint dans la dignité et le respect des martyrs du 14 janvier.

 

Sans doute, cette 2° période de transition permet de prendre conscience chaque jour d'avantage des enjeux de civilisation qui sont en débat et de déterminer en conséquence le poids respectif des adversaires/partenaires de la scène politique. C'est en fonction de ces éléments, qu'il est possible d'élaborer une constitution acceptée par le plus grand nombre, sachant qu'au moins, l'unanimité est déjà réalisée sur le type de régime à bannir définitivement. Cependant, si les élections législatives et (ou) présidentielles ont pour objectif d'installer le pays sur les rails dans la durée, encore faudrait-il les préparer sérieusement (ISIE), de telle manière qu'elles ne prêtent pas le flanc à une critique ultérieure déstabilisante.

 

Ainsi les échéances se précisent, bien que les dates restent encore approximatives. Il est temps désormais de préparer l'avenir commun avec lucidité et optimisme. Après tout, la politique est aussi affaire de convictions et de courage et dans ces deux domaines précisément, personne n'oserait affirmer qu'il en détient le monopole exclusif.

 


 
 
posté le 08-02-2013 à 19:14:38

BIS REPETITA (paru dans "La Presse" du 06/08/2012)

Le scénario est toujours identique: révolution, puis restauration approximative, voire 2° révolution et stabilisation intermédiaire, mais il y a des cas plus compliqués avec 4 révolutions et un accouchement difficile (3° République en France) ou la révolution permanente dans la Chine de Mao par exemple, car

on ne réussit pas forcément du premier coup.

Changer de régime c'est changer de groupe sanguin et le courage d'aller jusqu'au bout conduit généralement à une guerre civile puis à une longue dépression nerveuse, parce que le corps social est profondément perturbé: la France de Robespierre, la Russie de Staline, la Chine de Mao. Aussi la plupart

du temps on se contente d'un aménagement décoratif, en limitant la transfusion sanguine au personnel politique; mais cela fonctionne mal, parce que l'ancien régime est plus ou moins reconduit avec d'autres visages: Napoléon 1°, Poutine, Ahmadinejad.

 

La meilleure solution (et la plus sage) serait de mener une politique intermédiaire et provisoire acceptable par les 2 camps, le vaincu et le vainqueur, mais à part au Royaume-Uni où la révolution est inconnue, elle n'a jamais réussi ailleurs: Danton en France, Kerenski puis Gorbatchev en Russie, Shapour Bakhtiar en Iran.       

Gérer une situation post révolutionnaire n'est donc pas une sinécure, surtout que les bénéficiaires de la révolution ne sont jamais ceux qui l'on faite: Qui a représenté les "sans-culottes" de la Bastille ou les marins de Kronstadt et aujourd'hui les révoltés de Sidi Bou Zid ou de la place Tahrir au Caire? Naturellement on prend toujours soin de ne jamais confondre l'allumette avec la cigarette, parce que l'on risque de se brûler.

 

Mais tout cela est de la stratégie politique et chaque pays est un cas particulier fidèle à son histoire. La "Troïka" par exemple, malgré une référence soviétique est un système original de gouvernement que la Tunisie a déjà pratiqué fin XVI°/début XVII°s (Pacha, Dey/Diwan, Bey) et que les européens appelaient "les puissances de Tunis", où aucun des trois ne détenait véritablement le pouvoir. Autre exemple, les 50 membres de la Choura d'Ennadha qui ressemble au conseil des 50 cheikhs almohades assistant la dynastie hafside pendant 3 siècles. Ou encore les interférences étrangères fréquentes dans le destin de la Tunisie pendant les périodes d'instabilité cruciale: aujourd'hui le Qatar, hier la France, avant-hier la Turquie et l'Espagne, etc…

 

Une révolution peut aussi se donner un modèle (la république romaine pour la France) ou bien l'inventer

(Union soviétique, République Populaire de Chine, République Islamique d'Iran), mais quelles sont ses

chances de survie? une dizaine d'années en France, 70 en Russie, autant en Chine peut-être (l'économie

est tombée, reste le politique). Aujourd'hui les révolutions sont devenues rares (elles ont été accomplies) et les modèles aussi (ils ont échoué), au fond il n'en reste qu'un seul qui soit le moins mauvais: la démocratie (dixit Churchill). Une démocratie désormais sur mesure, adaptable à chaque culture: démocratie japonaise consensuelle et sévère, démocratie cosaque à la russe, démocratie iranienne islamo-rigide, etc…la Tunisie

trouvera sa propre version.

 

Si une révolution est le contraire d'un régime de croisière, elle a une origine qu'il vaut mieux traiter d'urgence, parce que l'histoire s'accélère d'une manière phénoménale. On ne peut plus rêver, croire et patienter comme autrefois, tout se sait instantanément et chaque évènement peut faire boule de neige sur la toile et le lendemain dans la rue. L'allumette d'aujourd'hui c'est l'ordinateur et le portable/vidéo branchés 24h sur 24 sur internet contre lesquels on ne peut rien. La liberté et la démocratie investissent en effet un média de "destruction massive" dont la puissance n'a pas été mesurée à sa juste valeur par certains gouvernements qui l'utilisent encore comme un simple gadget.

Or le déclenchement et la concomitance surprenante des révolutions arabes par exemple, n'est sont pas dues au hasard ou à l'intervention d'une main occulte. Elles ont échappé à tous les spécialistes et conseillers; journalistes, universitaires, diplomates, ainsi qu'aux gouvernements arabes concernés et jusqu'aux pays étrangers pourtant bien renseignés . Même les mouvements islamistes surpris, ont dû raccrocher les wagons, puisque tous les slogans des révolutions prônaient la Liberté contre la dictature, la démocratie contre la corruption et le travail contre la mafia.

 

 

Ce nouveau type de révolution (plus face-book que jasmin) défie toutes les prévisions d'avenir dans la

forme et dans la durée. Les aventures du gouvernement, de la présidence de la République et de l'ANC passent au scanner minute après minute et sont commentés instantanément sur les PC et les portables du monde entier.

La Tunisie est désormais à ciel ouvert et les "citoyens" n'ont pas besoin de parler ni d'écouter ou de lire pour tout savoir. C'est un changement radical qui rend le discours politique compliqué, car pour être crédible, il exige de la clarté, de la transparence et du résultat. En effet, toute manipulation ou tergiversation est détectée et refusée, c'est l'avantage (ou l'inconvénient) de la démocratie directe (rêvée autrefois par Rousseau) avec sa sanction douloureuse et immédiate.

En réalité et en étant lucide, trois pouvoirs cohabitent aujourd'hui: le pouvoir officiel avec ses instruments traditionnels de gouvernement; la société civile avec les partis, les syndicats, les associations et les médias; enfin les réseaux sociaux hyper-connectés touchant la quasi-totalité de la population. Leur interaction déterminera l'évolution ultérieure de la vie politique tunisienne que personne ne connait pour l'instant.

 

Par ailleurs, il y a également trois échéances décisives en réponse aux motifs qui ont déclenché la révolution et qui ne souffrent ni retard ni jeux politiciens. D'abord une échéance institutionnelle primordiale, qui est la rédaction de la constitution et son acceptation par l'ANC, sinon par le peuple lui-même, car il s'agit des fondations de la maison commune chargée d' éliminer tout risque d'un retour de la dictature. Ensuite une échéance électorale législative et présidentielle garantissant un minimum de stabilité et de représentativité et donc de légitimité dans la durée. Enfin une échéance sociale, la plus délicate à gérer, parce qu'elle s'adresse à l'être humain dans sa fragilité intime. Certes ce dernier facteur n'a pas été pris en compte par les élections, car les jeunes ont peu voté et on ignore son ampleur réelle, mais il pourrait devenir à terme et en étant pessimiste, une variable d'ajustement aisément manipulable.

Il s'agit d'une partie de la jeunesse issue récemment de l'exode rural, sans diplômes, sans emploi, sans repères et entassée dans les quartiers populaires des grandes villes. Elle cède déjà à la délinquance et aux sirènes du jihadisme local ou international, substitut à une émigration désormais impossible. Or à cette partie de la jeunesse s'ajoute la seconde, plus nombreuse encore et composée cette fois de diplômés également sans emploi et qui était précisément à l'origine de la révolution, mais qui demain pourrait prendre un autre chemin… ou bien le même.

 

La société tunisienne est parfaitement consciente de ce danger, dont nous avons remarqué ici et là les démonstrations inquiétantes: attaques de bâtiments publics, de biens privés et de personnes, sit-in à répétition, immolations par le feu. Dans ce cas, il n'est plus question de concepts politico-religieux, mais d'un profond sentiment de désespoir qui se nomme le nihilisme, et qui peut à l'occasion revêtir toutes les apparences possibles.

Les prochains gouvernements seront pendant longtemps confrontés à ce problème très difficile à résoudre, car la question consiste à réintégrer socialement cette jeunesse perdue en lui offrant un vrai travail. Or à défaut d'y réussir, le système démocratique qui se met en place, ne pourra pas se permettre de réprimer seulement, comme la dictature le faisait habituellement. Le dilemme est donc à haut risque bien que pour

l'instant, l'entraide familiale joue provisoirement son rôle de calmant.

 

Bien entendu, une réponse relativement correcte à ces trois échéances serait susceptible de remettre le pays sur les rails et d'envisager une période de transition en limitant les risques de dérapage. Mais ce schéma raisonnable est théorique et sans valeur, car les expériences précédentes à travers le monde, démontrent les difficultés d'apaiser une situation intermédiaire qui peut rebondir à tout moment et dans toutes les directions.

Mais pour revenir à l'histoire qui éclaire et détermine souvent le présent, parions que la Tunisie, qui a su négocier habilement son indépendance en 1956 (la 1° en Afrique) et dégager son dictateur en 2011(le 1° dans le monde arabe), parviendra encore une fois, à montrer à ses pays frères le meilleur chemin à suivre.
 


 
 
posté le 08-02-2013 à 19:12:24

LE RETOUR DU POLITIQUE (Paru dans "La Presse" du 23/07/2012)

Depuis les derniers temps de Bourguiba jusqu'à la sortie de Ben Ali, le discours sociétal (politique, philosophique, religieux, économique, social…) avait totalement disparu. Mentalement atrophié, le tunisien regardait la télé sans la voir, lisait les journaux en diagonale, écoutait seulement la musique à la radio et évitait la mosquée le vendredi ou toute autre réunion du reste. Quand aux conversations entre amis ou en famille, la loi du silence mettait tout le monde d'accord.

Restait disponible: le business (petit), le commerce (petit), les affaires (petites), les distraction autorisées:

le foot-ball, le café avec chicha, les glibettes, les bars, la plage en été et la routine annuelle: rentrée des classe, baccalauréat, ramadan, petit aïd, grand aïd….Une vie réglée, calme et végétative, dérangée seulement à chaque déplacement par les contrôles exercés par la police et la garde nationale afin d'entretenir une crainte permanente.

Rappelons que ce système, en réalité beaucoup plus complexe, et qui nous semble si loin aujourd'hui,

a fonctionné pendant une bonne trentaine d'année. Le verrou a donc sauté le 14 janvier découvrant une société désarticulée, déséquilibrée, appauvrie, sans repères et en colère contre tout. Dans ce désastre généralisé provoqué par une dictature inculte et maffieuse que reste-il de sûr? Il ne reste au final que la famille et la religion, seuls refuges pendant les périodes difficiles et cela depuis la nuit des temps.

 

Quid alors du projet moderniste construit énergiquement par Bourguiba et malgré tout accepté et intégré par une majorité de tunisiens? Hélas, l'autocratie du raïs, le naufrage de sa fin de règne et pour conclure

la perversion longue et abominable de Ben Ali et de sa tribu ont porté un coup sévère à l'effort de mise à niveau du pays, qui fut un temps un modèle dans le monde arabe à l'égal du Liban (pour des raisons différentes, modernité pour le premier, démocratie pour le second).

Les cartes sont donc aujourd'hui distribuées librement au peuple tunisien, qui apprend sur le tas les principes élémentaires de la politique, terme inconnu auparavant et réservé aux touristes étrangers: élections, liberté d'expression, constitution, députés, nature du régime, syndicalisme, association, charia, laïcité etc… Des mots bien compliqués et abstraits mais qui à l'usage, permettent de s'exprimer et de donner son avis sur tout ou presque c'est déjà très bien.

 

Cependant après la victoire d'Ennadha, le discours politique pourtant bien entamé l'année de la révolution a

subitement cédé la place à un spectacle inattendu et permanent offert par des troupes bizarres venus de nulle part. Scènes sportives d'escalade avec drapeaux ou démonstration de techniques de combat, défilés de mode en tenue afghane ou shows de téléprédicateurs étrangers... Mais aussi des scènes plus sportives encore relevant d'avantage de la boxe, à l'encontre de personnages emblématiques de la société civile et politique, jugés d'office et dans leur propre pays personae non grata? Passons sur les insultes et les menaces non dissimulées que l'on doit mettre avec générosité sur le compte d'une joie excessive.

 

Cette parenthèse débridée touche pourtant à sa fin et l'analyse politique refait surface car les causes et les conséquences du 14 janvier ne semblent pas avoir été méditées avec suffisamment d'attention. En effet, certains signes sont révélateurs. Les dates de promulgation de la constitution et de la tenue des élections ne sont toujours pas confirmées sérieusement, ce qui entretient un doute inquiétant sur le caractère provisoire du gouvernement et donc de la démocratie elle-même. Parallèlement, les visites officielles dans les régions intérieures sont souvent boycottées ou perturbées par une population toujours désespérée. Pendant ce temps, la situation économique ne cesse de se dégrader (malgré des statistiques rassurantes) par manque de visibilité… politique précisément.

 

L'agenda est pourtant clairement défini et le temps presse. Le projecteur se déplace en premier lieu vers l'Assemblée Nationale chargée de rédiger la constitution qui est sa fonction première, d'arbitrer les conflits gouvernement/présidence et d'assumer son pouvoir législatif tant bien que mal. En second lieu du côté du gouvernement, dont le rôle est de rétablir la cohésion nationale, de répondre à l'urgence du chômage, d'administrer correctement le pays et de préparer les prochaines élections (les vraies).

 

 

Entretemps les partis politiques doivent s'organiser et fusionner d'urgence, en tous cas clarifier leurs orientations et se faire connaître sur l'ensemble du territoire pour fonder une alternative crédible. Cette fois ils n'auront plus l'excuse de l'improvisation provoquée par l'obligation rapide du scrutin d'octobre 2011.

Pour ce qui concerne Ennadha ce travail est déjà accompli et le parti est en ordre de marche depuis son 9° congrès, tandis que ses deux partenaires de la coalition (CPR et Ettakatol) se sont au contraire affaiblis à son contact, de manière temporaire ou définitive, l'avenir le dira.  

 

Reste à gérer l'antagonisme larvé et durable entre le président du gouvernement Mr. Hamadi Jebali (Ennadha) et le président de la République Mr. Moncef Marzouki (CPR), opposés l'un à l'autre pour des raisons idéologiques évidentes et de périmètre de compétence réciproque. Cependant le Chef de l'Etat malgré quelques maladresses dans sa fonction, est adoubé avec chaleur et sympathie par la France dans ses quatre palais officiels (Elysée, Matignon, palais Bourbon, mairie de Paris). Un tel soutien pèsera lourd dans les rapports futurs entre les deux présidences, mais aussi dans les rapports entre le président du gouvernement et le président de l'Assemblée Constituante Mr. Mustapha Ben Jaafar, qui lui-même est proche du parti socialiste français au pouvoir (Ettakatol fait partie de l'internationale socialiste).

Ainsi la diplomatie internationale entre dans le champ politique tunisien par la grande porte, car il se trouve de surcroit que le Qatar, partenaire d'Ennadha, est l'allié privilégié de la France dans le monde arabe. La boucle est donc bouclée comme par enchantement sous le regard bienveillant des Etats-unis.

 

Les prochains mois seront donc éminemment politiques, car au final, l'intérêt des uns et des autres et bien entendu des tunisiens eux-mêmes, est de promouvoir une expérience démocratique dans le seul pays arabo-musulman possible. Pourquoi le seul? D'abord parce que la Tunisie est un petit pays, à l'économie diversifiée, avec une population instruite, une religion homogène (l'Islam sunnite seul) et dotée d'un Etat moderne qui fonctionne (un peu moins bien aujourd'hui); ensuite elle n'est pas située dans le chaudron moyen-oriental où tout est compliqué; enfin et par chance, elle ne dispose d'aucune réserve énergétique ce qui aurait anéantit définitivement ce schéma optimiste.

 

L'histoire trois fois millénaire de la Tunisie prouve à bien des égards, que son peuple souvent au bord du gouffre, est toujours parvenu à tirer son épingle du jeu dans des périodes encore plus délicates que celles que nous traversons actuellement. Un espoir raisonnable est donc permis.

 


 
 
posté le 03-10-2011 à 21:38:59

TOURISME : A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX PROMOTEURS

 Depuis une trentaine d’années, des professionnels avisés du tourisme tunisien ont joué les Cassandre (dans l’indifférence générale) en prévoyant à terme la chute inévitable de l’hôtellerie balnéaire pour des raisons multiples évoquées lors d’innombrables colloques, conférences et séminaires.

Nous constatons aujourd’hui à quel point ils avaient raison et que le seul tourisme balnéaire, comme toute monoculture, est sensible au moindre séisme interne (14 janvier) ou externe (Irak 91, Libye 2011), donc dangereuse pour l’économie d’un pays.

 

Les professionnels tunisiens avisés, les nombreux cabinets-conseils étrangers et même les politiques (pour faire moderne et être à la mode) n’ont cessé de recommander un élargissement nécessaire vers le sport, le nautisme, l’écologie, le culturel. L’intérieur et le Sud pour tout dire, hélas sans résultat. Certes nous avons la thalasso, le golf, les cliniques et récemment les maisons d’hôtes, et même des hôtels de luxe, mais il s’agit toujours et encore d’immobilier ou de para-immobilier, or le tourisme c’est aussi et surtout de l’immatériel, c'est-à-dire du contenu: intellectuel, humain, social, historique, rural, environnemental, etc… avec le niveau de service y afférent et il faut avouer que dans ces domaines, nous éludons les questions. Pourquoi ? Il faut pour cela remonter dans le temps.

 

Bourguiba, dans les années 60, a le mérite (bien avant Hassan II au Maroc) d’inventer le tourisme en Tunisie et en excellent marketeur, il sait attirer l’élite politique française et les médias à leur suite. Devenue une destination à la mode, la Tunisie accueille les « people » de l’époque (Brigitte Bardot au Sahara Palace, Edgar Faure au Skanès Palace etc...) et les grands du tourisme d’élite (le Club méditerranée au temps de sa splendeur, Hilton, Sheraton) et par contagion la classe moyenne française puis européenne. L’époque est favorable, Bourguiba est pro-occidental, la société de consommation bat son plein en Europe, l’hôtellerie est facile et rentable, les banques financent à tout va, l’avenir est radieux car l’offre tunisienne correspond parfaitement à la demande étrangère.

 

Il faut reconnaître qu’à l’époque, l’Etat joue un rôle déterminant dans ce succès, en tant que moteur (la SHTT), accompagnateur et soutien des promoteurs tunisiens qui se lancent alors, sans expérience et souvent sans capitaux, dans un monde inconnu, où bon nombre d’entre eux, ont parfaitement réussi.

Cependant la bonne époque à une fin et au début des années 80, l’achèvement de la station de Port El Kantaoui sonne déjà le glas du tourisme balnéaire. Que faire ? La clairvoyance politique pour redresser la barre est absente à la fin des années Bourguiba et elle disparaît complètement avec Ben Ali. Pire, celui-ci enfonce le clou de l’immobilier touristique balnéaire à des fins personnelles en créant l’improbable Yasmine Hammamet suivie de l’improbable Aéroport d’Enfidha. Pendant ce temps, certains hôteliers vont, dans le marasme ambiant, tenter et faute de diversifier leur offre, d’élargir la demande aux européens de l’Est, en souhaitant qu’ils soient moins pauvres que les européens de l’Ouest. Le résultat n’est toujours pas concluant. Que faire ?

 

Le 14 Janvier est un événement dont la résonnance mondiale est plus importante que l’indépendance de 56. Jamais dans son histoire, la Tunisie n’a reçu autant de sommités venus des 4 coins de la terre l’assurer de leur admiration, de leur sympathie et de leur soutien y compris financier. Désormais la Tunisie est non seulement le premier pays arabe et musulman à avoir accompli une révolution démocratique rapidement et sans bain de sang, mais elle a suscité des émules dans le reste du monde arabe. La Tunisie est un modèle et un laboratoire de la démocratie. Ce précieux capital s’adresse aux élites étrangères qui évoluent dans le monde politique, les médias, et les affaires, mais il atteint également bon nombre d’intellectuels ou simplement de personnes bien informées. En revanche, l' européen ordinaire qui est le client standard du balnéaire se contente du soleil, de la plage, pour pas cher et dans la sécurité. La politique ne l’intéresse pas.

 

Nous savons tous que les difficultés actuelles du tourisme tunisien ne proviennent pas seulement de la révolution du 14 janvier qui démontre au contraire mois après mois, de son sens des responsabilités et de l’intérêt de l’Etat. Le réel problème est l'issue définitive de la guerre en Libye, ses 25 000 morts, ses nombreux réfugiés, ses boat-people, son danger de partition, son inexpérience politique, ses stocks d’armes en circulation et … sa proximité avec la Tunisie. La question libyenne règlée, ce qui ne saurait tarder, le balnéaire tunisien reprendra quelques couleurs.

 

Cela dit, la défaillance structurelle du tourisme tunisien subsiste et l’épreuve que nous traversons doit servir d’électrochoc. Quid de la nouvelle clientèle politisée dont nous avons évoqué plus haut l’existence, généralement aisée, mondialisée, intellectuelle, courageuse, ouverte, disponible et qui nous veut du bien? Va-t-on lui proposer l’an prochain un séjour banal à Hammamet, à Sousse ou à Djerba, pour quoi faire?, se baigner?, c’est peu comparé à Cuba, au Mexique, aux Maldives ou, sans aller très loin, à l’Egypte, à la Turquie ou même à la Croatie. On veut bien nous aimer certes, mais comme le dit Georges Clooney dans la publicité Nexpress « What Else? » Quoi d’autre?

 

Or nous avons l’intérieur et le Sud avec leurs richesses largement inconnues des tunisiens comme des étrangers. Si la côte possède la mer, la plage, les palmiers et la culture arabe ce qui est bien, l’intérieur et le Sud détiennent la nature, la culture (préhistorique, antique, berbère et arabe), les paysages, les traditions (rurales et nomades), ce qui est bien aussi. En somme une Tunisie profonde et authentique, à laquelle les tunisiens du littoral doivent beaucoup pour leur libération inattendue et dont elle pourrait attendre légitimement un retour d’ascenseur.

 

Comme le disait si justement Wahid Ibrahim, ex Directeur Général de l’ONTT il y a un an et demi dans son ouvrage sur le tourisme tunisien « Après avoir développé le tourisme face à la mer nous devons le faire dos à la mer » En effet, un cavalier, un chasseur, un trekkeur, un amateur d'archéologie médecin, avocat ou ingénieur de son état, qui part en randonnée avec ses amis dans la région de Testour, du Kef, de Makthar ou de Sejenane appartient à un type de client aventurier et à haut revenu, qui de surcroit n’est pas peureux parce qu’il a l’habitude des voyages et de la découverte.

 

Mais vient immédiatement à l’esprit la question de l’hébergement. Oui il y a un problème de sous-équipement chronique au niveau hôtelier qui bloque le développement du tourisme intérieur et un peu moins au Sud, mais ce n’est pas le seul. Lorsqu’on parle de tourisme culturel ou rural, encore faut-il qu’il y ait fusion entre les ministères concernés du tourisme et de la culture ou du tourisme et de l’agriculture et non pas indifférence systématique. Il faut également et surtout trouver des promoteurs-pionniers dans ce nouveau tourisme et ils ne sont pas légion! Car la côte, même sinistrée, reste pour beaucoup un miroir aux alouettes.

 

Cependant et grâce à la démocratisation, les obstacles majeurs ou inhibiteurs ont disparus. Nous découvrons subitement et notamment dans la jeunesse des réserves d’intelligence, de lucidité et d’énergie que nous croyions définitivement broyées dans le mehrez du Benalisme. C’est peut-être chez ces jeunes, étonnamment éduqués, familiers de l’immatériel, éveillés au monde et informés de tout, qu’apparaîtront ces pionniers que nous attendons. Ils auront probablement et c’est déjà le cas, des ministres et une administration compétente à même de les comprendre et de les aider à réaliser leurs projets hors standard.  Ainsi l’Etat, aujourd’hui comme à l’époque de Bourguiba pour le tourisme balnéaire, a le devoir pendant cette période de remise à plat, d’encourager et de faciliter le tourisme de l’intérieur et du sud dans toutes ses composantes, pour en faire une soupape de sécurité en période difficile et un avenir complémentaire au tourisme balnéaire. Il peut favoriser le retour de la bonne clientèle que nous avons connu dans les années 60 et qui ne demande qu’à revenir, mais dans un autre esprit auquel nous devons nous adapter avec tact et compétence, c'est-à-dire avec professionnalisme.

 

L’époque a changé et les clients aisés d’aujourd’hui sont plus exigeants que ceux d’hier, ils connaissent le monde et il faut travailler d’avantage pour se hisser au niveau de nos concurrents qui ont pris une longueur d’avance et que nos futurs clients connaissent bien. Le temps de l’autosatisfaction teinté d’amateurisme est terminé et le « long fleuve tranquille » du balnéaire est à sec depuis une bonne dizaine d’années. Il y a urgence de renouvellement et obligation de résultat. Désormais, il n’y a plus d’excuses "politiques" à l’inaction. Les moyens intellectuels sont disponibles, c'est-à-dire la capacité d’analyse, mais aussi, le courage et la liberté de parole. Au final, tout dépend du volontarisme de l’Etat pour avancer dans ce domaine vital pour l’économie du pays.

 

 

Richard Péan

 

 


Commentaires

 

1. leilaseo12  le 25-05-2012 à 12:19:04  (site)

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2. Martinetherou  le 18-11-2012 à 17:05:56

Je voulais avoir de tes nouvelles bises

 
 
 
posté le 20-08-2011 à 17:09:21

ELECTIONS DU 24/10: UN SAUT DANS L'INCONNU

 

Force est de constater que le gouvernement provisoire de BCE, est parvenu jusqu'à présent à gérer tant bien que mal une Tunisie post-révolutionnaire avec pour voisin immédiat une Libye engagée dans une guerre révolutionnaire impitoyable accompagnée de son cortège de réfugiés.

Au terme de 6 mois et demi de gouvernement, des actions irréversibles souvent redressées et accélérées par la rue sont en cours pour rompre définitivement avec la dictature et la corruption d'Etat, assainir les administrations et moraliser le climat général. Entretemps, deux comités (les hautes instances) se chargent de préparer l'avenir démocratique du pays avec un premier résultat en demi teinte de 55% d'inscrits sur les listes électorales. En fond de tableau, le taux de croissance de l'économie chute à - 3% et la note des agences de rating est abaissée. Cela dit, le pays fonctionne normalement sans coupure d'eau, ni de gaz ou d'électricité, sans pénurie d'essence ou de produits alimentaires. Tout est disponible depuis 7 mois y compris pendant ce mois de ramadan, non seulement pour les tunisiens, mais aussi pour les dizaines de milliers de libyens réfugiés mois après mois dans le sud et ces derniers temps de plus en plus à Tunis.

 

Maintenant les élections se profilent à l'horizon. Encore deux mois et demi et le peuple tunisien "se connaîtra lui-même" comme le disait Socrate à tout homme qu'il rencontrait. Au fond et c'est très angoissant, nous n'avons strictement aucune idée des pensées secrètes du tunisien et de la tunisienne en matière politique et ce n'est pas les instituts de sondages inexpérimentés qui fleurissent ça et là qui pourront nous aider. Après 2500 ans de dictature (et non pas 50 ans seulement), la grille de lecture est malheureusement illisible. Qu'en est-il  des ressentiments accumulés, des ambitions déçues ou d'une indifférence enracinée,? Que dire à propos du sentiment de liberté, de l'éducation du peuple, de sa culture, de sa religion, de sa morale, du respect de l'autre, du patriotisme?

 

En somme existe-il une volonté démocratique populaire?, on peut le souhaiter, mais il faut pourtant admettre que le tunisien est conservateur par nature et qu'il adopte difficilement les idées nouvelles (modernité), alors qu'il s'adapte rapidement à la société et aux biens de consommation (modernisation). Il y a donc de quoi s'inquiéter car précisément, la démocratie est un système politique mal connu de la majorité de la population, tandis que la tyrannie (pour employer la terminologie antique) est une normalité ancestrale. De surcroît, le profond attachement des tunisiens à l'islam est une donnée fondamentale que le bourguibisme lui-même n'est pas parvenu à atténuer.

Nous avons donc à prendre en compte des "pesanteurs sociologiques" qu'il serait dangereux d'ignorer. Dans ces conditions, trois forces sont en présence: la première rassemble les indifférents aux affaires publiques pour des raisons diverses et qui se traduira nécessairement par une abstention significative; la seconde représente la tradition autoritaire à caractère politique (partis ex RCD) et à caractère religieux (Ennadha), tandis que la troisième force incarne le renouveau démocratique dont l'idéologie est malgré tout étrangère à la culture tunisienne (PDP, FDTL).

 

En analysant de plus près, on peut supposer que la génération spontanée des ex partis RCD privés de leurs patrons et plombés par les arrestations, les procès, les interdictions de voyager et le mépris populaire sont voués au délitement. Par contre Ennadha bien qu'absent du processus révolutionnaire, dispose de plusieurs atouts: d'abord le monopole revendiqué de la foi et le projet d'une traduction dans la société civile et politique, ce qui est immédiatement compréhensible pour les âmes simples; en second lieu la participation à la lutte contre la dictature de Bourguiba et de Ben Ali; en troisième lieu l'incarnation d'une purification religieuse après tant d'années de corruption généralisée. Restent les démocrates dont le combat contre la dictature remonte aux premières dérives du bourguibisme (MDS) et n'a jamais cessé depuis lors.  Ils se recrutent essentiellement parmi l'élite intellectuelle formée sous Bourguiba, dans une large frange de la classe moyenne citadine éduquée à la fois sous Bourguiba et malgré tout sous Ben Ali et enfin dans la jeunesse toutes origines confondues, qui a tant surpris les adultes par sa maturité politique, son désir de liberté et de justice, son sens du sacrifice, et l'envie de construire une Tunisie ouverte sur le monde.

 

Les élections du 24 octobre opposent donc les forces traditionnelles à dominante religieuse associées probablement aux débris du RCD, ce qui ne serait pas surprenant, à celles de l'avenir incarnées par la jeunesse, les intellectuels, la classe moyenne et peut-être une partie des hommes d'affaires et des industriels éclairés.

Ces élections se dérouleront sous la haute surveillance du monde arabe, du monde musulman et du monde entier tout court. Il n'est d'ailleurs pas certain que les tunisiens se rendent réellement compte d'être à la fois les auteurs et les acteurs d'une expérience unique dans leur histoire et de proposer, si tout va bien, un modèle arabe vers la démocratie. Certes rien n'est gagné d'avance, il est même possible que la démocratie ne l'emporte que d'une courte tête, cela n'a pas d'importance, le pas sera franchit. 

 


Commentaires

 

1. 2000  le 01-10-2011 à 09:35:06  (site)

J'adore! C'est très cultivant et magnifique Article...Bon

 
 
 
 

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